18 juin 2017 - Le Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ

JE VEUX VOIR DIEU, LE VOIR DE MES YEUX

  Nous fêtons ce dimanche le Saint Sacrement. La fête du Corpus Domini fut instituée en 1264 ; les croyants désiraient ardemment honorer la présence réelle du Seigneur dans l’Eucharistie. Dieu se donne à manger, mais il se donne également à voir dans cette hostie, ronde, blanche, pure et simple. Au Moyen Age, si les fidèles ne communiaient pas tous les jours, beaucoup se déplaçaient - ou pour le moins arrêtaient leurs activités et se tournaient en silence vers l’église - en entendant les trois coups de cloche de l’élévation. Ils voulaient voir le corps du Christ dans les mains du prêtre. Silence, respect, adoration, puis un dernier coup de cloche, et la vie reprenait son cours.

   Quel est notre désir de voir Jésus ? Le curé d’Ars s’épuisait tout le jour à confesser, mais il profitait des heures nocturnes pour adorer. Il nous a livré une parole méditée au long de ces nuits de veille : « je le regarde [le saint sacrement] et il me regarde, je l’avise et il m’avise ». Jésus n’est pas une idée ou une philosophie, c’est une personne vivante qui renvoie le regard que je lui adresse. Le regard divin d’amour et de guérison m’embrasse tout le temps où je regarde l’hostie.

  L’adoration est une pratique relativement récente dans l’histoire de l’Eglise qui se déploie de mieux en mieux. C’est une grâce spéciale et providentielle pour notre 21ème siècle, car nos yeux sont pollués et agressés par tant d’images traumatisantes. La violence est au cœur de beaucoup des films contemporains, mais aussi des reportages sur la réalité du terrorisme et de la guerre qui passent en boucle sur nos écrans. La grande violence contemporaine est aussi celle de la pornographie qui atteint quelques femmes, salit de nombreux enfants et pourrit le cœur de tant d’hommes de ce monde, détruit les couples, assèche l’espérance et attriste l’âme.

   L’être humain n’est pas plus pécheur que par le passé, mais la noire révolution est celle de l’accessibilité instantanée et universelle à cette source de mort. L’égout pornographique se déverse dans tous les foyers, au bureau, sur les smart-phone. Il est infiniment plus facile de voir ces images que de trouver une église ouverte dans laquelle on peut voir et adorer Jésus. Il nous faut agir et dénoncer, au milieu du silence assourdissant des responsables politiques sur le sujet, mais il faut aussi penser à la guérison des yeux et des âmes. Le saint sacrement est notre médicament.

  Le Christ sauveur ne se présente pas comme le plus beau, mais d’abord comme le crucifié. Et le sacrement de son corps est ici un banal morceau de pain, rien de moins sophistiqué qu’une plate hostie blanche pour enfermer tous les trésors de la beauté divine. Etre des hommes et des femmes de prière, voir et regarder Jésus inlassablement nous soigne, nous fortifie et nous redonne courage. Dieu nous aide à opter pour la chair et pour la vérité, contre le virtuel et le mensonge. Oui, je veux voir Dieu, source de guérison, et merveille des merveilles.

Père Etienne Masquelier

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