14 mai 2017 - 5ème  dimanche de Pâques

A la suite du Christ
Père Paul de Quatrebarbes

BEAU ET BON, PARCE QUE VRAI 

  Est-il possible de s’émerveiller encore ? Pouvons-nous désirer être libérés, dégagés du fatras des objections raisonnables qui s’entassent pêle-mêle sur notre esprit captif et l’empêchent de s’élever, de contempler, de pénétrer ? Nous est-il encore possible d’abandonner les calculs de petits boutiquiers qui si souvent empâtent nos élans et nous font retomber dans les ornières de la tranquillité ou de la sécurité supposées ?

   Vous la voyez, cette blanche hostie, élevée au-dessus de l’autel par les mains du prêtre reliées à elle ? Vous la voyez, enchâssée dans le métal rayonnant de l’ostensoir ? Vous la voyez, ainsi offerte dans la simplicité du signe charnel ? Votre regard de l’intérieur se laisse attirer et murmurent à votre cœur silencieux les paroles que la foi enfante : Mon Seigneur et mon Dieu !

   Car c’est tout un, de reconnaître dans le pain et le vin consacrés la présence réelle de celui qui s’est ainsi donné et confié, de le reconnaître ainsi présent, et de reconnaître en Jésus de Nazareth le Fils de Dieu fait homme – hier et aujourd’hui. C’est le même mouvement et la même extase.

   Et c’est le même ajustement du regard, qui brise par grâce l’opacité de la chair pour accéder en elle à l’esprit qui vivifie, lorsque je reconnais dans l’assemblée dominicale autre chose qu’un conglomérat d’individus qui ont décidé de se rassembler, lorsque j’apprends à reconnaître en elle et le corps du Christ et son épouse, lorsque je perçois ainsi l’œuvre de l’Esprit-Saint et le visage du ressuscité.

   Ce n’est pas être illuminé, idéaliste ou égaré par des fables. C’est prendre la mesure de Celui qui échappe à toute mesure et qui a choisi de se mettre à portée de voix, à portée de regard, à portée d’étreinte. Merveille, inconcevable en effet à notre monde trop pressé et obscurci par les rêves fumeux d’esclaves dociles, « troupeau que la mort mène paître » et qui ne peuvent que bêler à l’unisson – tout le contraire d’une symphonie ou d’un chœur.

   Trop beau pour être vrai ? Beau et bon parce que vrai.

Père Antoine Louis de Laigue
curé

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