9 avril  - Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur

L'envie de "tout dire"
Père Laurent Chauvin

« L’UN DE VOUS VA ME LIVRER »

  Le grand récit de la Passion lu ce dimanche des Rameaux nous dévoile le récit d’une trahison, projection en négatif du salut qui nous est offert. Il commence par la traîtrise du compagnon des premiers jours, l’homme en qui le Christ et les apôtres avaient mis leur confiance, celui qui gardait la bourse commune (cf. Jn 13, 29). Se rendant auprès des grands-prêtres, il lui a suffi d’une question pour révéler la vénalité de son cœur : « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? ». En fait, l’Évangile nous donne très peu d’informations sur les motivations de la trahison de Judas et sur son identité. Est-il de la ville de Qeriyoth, héritage de la tribu de Juda, rapporté dans le livre de Josué (Jos 15, 25) ? Fait-il partie de la secte des sicaires comme le suggérerait la Peshitta (la traduction araméenne des évangiles) ? Nous l’ignorons et son acte apparaît ainsi dans une nudité surprenante, nu de toutes circonstances psychologiques, de toutes circonstances rationnelles. Livre-t-on un homme, plus encore, un proche, un ami, un maître, à la mort, pour de l’argent ? Judas nous rappelle de quoi l’homme est capable lorsque son cœur s’endurcit, se ferme à la grâce et à la miséricorde, se rend incapable de contempler la valeur infinie de chaque être humain. Nous ignorons le jugement final de Judas lorsque comparaissant devant Dieu, se sont dessinés devant lui les traits du visage de son Maître et Seigneur.

   Mais l’histoire de Judas qui nous est rapportée est comme le négatif de la réalité qui se joue cette semaine sainte devant nos yeux : Jésus, dans un ultime acte d’amour, livre sa vie pour le salut des hommes, de tout homme et de tout l’homme. En son mystère pascal, Jésus vient visiter le fond du cœur de l’homme pour le sauver, pour le guérir et le tourner totalement vers Dieu. Il nous faut contempler Celui qui s’est livré pour nous en mourant sur la croix, il nous faut être saisi de cette divine crainte du centurion : « Vraiment celui-ci était Fils de Dieu ! ». Lui aussi, l’a livré. A lui aussi, Jésus s’est livré. Dans ce cri de surprise, déjà la guérison et le salut pointent. Quelque chose de la victoire du Christ sur le mal et sur la mort est déjà annoncé.

   A nous aussi, le Christ se donne en son mystère pascal. Nous l’écouterons, nous le suivrons en sa Passion, nous le recevrons dans l’Eucharistie. Il se livre à nous pour que nous en soyons les témoins. Et nous, selon que nous serons Judas ou centurion, laisserons-nous nos cœurs guérir par le crucifié ?

Père Paul de Quatrebarbes

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