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Misericordieux comme le Père
26 mars  - 4ème dimanche du Carême

Si tu savais...
Père Antoine-Louis de Laigue

LE SCANDALE DU MAL

  « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? ». Eternelle question. Devant une situation de souffrance ou de détresse notre cœur se serre mais notre intelligence cherche immédiatement une raison et une justification au mal, voire un coupable. Pour les disciples du Christ, l’homme est aveugle en conséquence de la faute de quelqu’un. Il ne reste plus qu’à trouver le fautif. Nous savons bien que nous ressemblons à ses disciples accusateurs. Il nous est de plus en plus insupportable de manquer d’explications lors de certaines catastrophes ou maladies. Les juges, les assureurs ou les médecins, et enfin la société entière n’ont pas toujours l’humilité de reconnaître que certains maux nous dépassent.

   Il nous faut dire en premier que le mal et la souffrance sont une énigme. Qui voudrait rationnaliser l’action du mal risquerait de le justifier. La réponse du Christ est belle et mystérieuse : « pour que les œuvres de Dieu se manifestent ». Elle est claire également : « ni lui, ni ses parents ». Si la mort et la souffrance sont entrés dans le monde par le péché des hommes, nous savons bien que le mal frappe, et c’est le cas de le dire, à l’aveugle. Le mal est irrationnel et la responsabilité face à la souffrance est collective et non individuelle. Des grands saints ont beaucoup souffert et sont morts trop jeunes, et des pécheurs ont eu la vie longue. L’homme a une part de responsabilités dans certains accidents ou maladies, mais il n’y a jamais un lien de cause à effet aussi net que nous le souhaiterions.

   La seule réponse complète que le Christ donne au scandale du mal est constituée de l’ensemble de sa trajectoire : incarnation, vie, souffrance, compassion, larmes, mort et résurrection. Le mal est tellement obscur que le Christ ne l’a pas vaincu de l’extérieur. Il a pénétré à l’intérieur de la douloureuse énigme pour en mourir lui-même. Il ne s’est pas contenté de pointer un doigt accusateur ou de déclamer un discours.

   Nous fêterons dans trois semaines cette victoire acquise de haute lutte sur le bois de la croix, qui dépasse le registre de l’explication et de l’intelligence mais qui embrasse tout notre être. La victoire chrétienne n’est pas celle de la raison seulement, mais celle de l’être tout entier. Cet homme est guéri dans son corps. Ses yeux s’ouvrent pour que sa vie soit illuminée. Le Christ le touche de sa main et de sa salive, rappelant ainsi la création d’Adam. Les sacrements où le corps et ses cinq sens sont investis, sont une évangélisation de notre être et la poursuite continue du geste créateur de Dieu. Ne perdons pas toute notre énergie à chercher des explications qui n’existent pas mais laissons-nous guider vers la croix, vers la victoire sur la mort ténébreuse. Laissons-nous former et reformer peu à peu par les sacrements de l’Eglise à la joie de la Résurrection.

Père Etienne Masquelier

Feuille d'Information Paroissiale de Notre Dame de Grâce de Passy
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