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Misericordieux comme le Père
12 mars  - 2ème dimanche du Carême

Bienveillance de Dieu...
Bienveillance des hommes...
Père Laurent Chauvin

LES LARMES DE NICOLAS II

  Au cœur de la Crimée, dans la capitale de la région, trône, depuis l’annexion de la péninsule à la Russie, un buste du tsar Nicolas II. Le regard haut, dans son uniforme d’apparat, l’ancien tsar attire l’attention de tous ceux qui reconnaissent en lui le héros national, martyr avec sa famille de la révolution bolchevique. Il faut ajouter que ces dernières semaines un curieux phénomène lui assure une certaine publicité : certains sont persuadés que le buste du tsar pleure. Bien que le prodige n’ait pas été fermement attesté par les autorités religieuses de la région, il nous interroge.

   Nous lisons, ce dimanche, la deuxième épître de l’apôtre Paul à Timothée. Dans un langage paternel, l’Apôtre des gentils s’adresse à Timothée et lui rappelle sa vocation sainte : « Fils bien-aimé, avec la force de Dieu, prends ta part des souffrances liées à l’annonce de l’Évangile ». Veut-il nous dire que notre engagement pour Dieu se mesure aux larmes et à la sueur répandues pour l’annonce de l’Évangile ? Il est à espérer que le jugement de Dieu sera clément envers nous car il n’est pas donné à tous de pouvoir pleurer, et singulièrement sur le mal et le péché. Il n’y a parfois que ces larmes intérieures, douces consolations d’un cœur qui se tourne vers Dieu et qui accueille, de Lui, la guérison. Malheureusement pour nous, nous avons souvent peur des larmes. Elles sont pourtant le signe d’un salut qui se dessine et l’annonce d’un relèvement qui s’opère. Combien de nos contemporains ne savent plus vraiment pleurer ! Oh bien sûr, on pleure souvent et l’on se complait à épandre sur le mur médiatique ses larmes impudiques. Mais je ne parle pas de ces larmes superficielles. Je veux parler de celles qui jaillissent du trop plein de l’âme, de cette source qui coule en nous et qui libère. « Nos cœurs brisés, nos esprits humiliés, reçois-les », dit le prophète Daniel, « comme un holocauste de béliers, de taureaux, d’agneaux gras par milliers » (Dn 3, 40). Sur quoi pleurons-nous ? Savons-nous pleurer sur le mal dont trop souvent nous sommes complices ? Savons-nous pleurer sur l’abandon de tant et de tant de nos contemporains de Celui qui seul peut combler les cœurs ? Les larmes sont une bonne nouvelle parce qu’elles manifestent le passage du cœur de pierre à un cœur de chair (cf. Ez 36, 26), l’ouverture dans les ténèbres de nos vies de la lumière divine. Parce qu’elles s’enracinent dans la douleur due au péché, elles sont aussi une manifestation de la joie d’un cœur pardonné. Bienheureuses larmes qui savent témoigner de la vraie douleur et de la vraie joie !

  Nous ignorons la réalité des larmes du buste du dernier tsar Romanov, mais nous savons, nous, que, par nos prochaines « vingt-quatre heures pour Dieu », la miséricorde de Dieu est prête à nous être pleinement dispensée dans le sacrement de la réconciliation. Que cet événement soit pour nous l’occasion d’une grande action de grâce envers le Dieu qui a promis de guérir les cœurs malades et ainsi d’essuyer « toutes larmes de nos yeux » (Is 25, 8 ; Ap 7, 17 ; 21, 4).

Père  Paul de Quatrebarbes

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