espaceur
Misericordieux comme le Père
26 février  - 8ème dimanche du Temps ordinaire

Politique ou Morale ?
Père Antoine-Louis de Laigue curé

CÉLIBAT, CÉLIBAT CHÉRI

  Le départ d’un prêtre est toujours une triste nouvelle, en particulier pour ses paroissiens, comme analogiquement le divorce pour les enfants. Ce choix d’un frère affecte le prêtre que je suis et repose encore et toujours la question passionnante du célibat sacerdotal.

   Disons tout d’abord que l’Eglise n’empêche pas, ou n’interdit pas aux prêtres de se marier. Cette formule, entendue si souvent, est erronée. En effet, l’ordinant lui-même aspire de tout son cœur au célibat définitif, il a sept ans de séminaire pour discerner et professer son désir à voix haute à chaque étape de sa progression. Personne ne contraint le futur prêtre, et l’ambiance actuelle tend plutôt à le décourager. Ce n’est donc pas l’Eglise institutionnelle, ou l’une de ses règles, mais bien le candidat lui-même qui veut fermement le célibat. Si nous reconnaissons humblement que l’homme est très fragile, il faut rappeler que le prêtre qui renonce au célibat se parjure. Sa décision, quelles qu’en soient les raisons, est toujours une rupture et le retournement d’une parole donnée.

   Le célibat des prêtres est un trésor très précieux de l’Eglise d’Occident qui a contribué à son rayonnement dans l’histoire. Voici, parmi d’autres, trois raisons de ce célibat : ecclésiologique, christologique et eschatologique.

   Pour l’Eglise d’abord. Le célibataire est disponible dans son emploi du temps, dans son cœur et dans sa vie. Sans charge de famille, il peut être plus facilement envoyé en mission dans des endroits dangereux, et l’argent dont il a besoin pour vivre est d’autant plus réduit. En outre, il me semble symboliquement plus aisé de se confier secrètement, et en particulier de se confesser, à un célibataire. Je suis personnellement très heureux de n’appartenir qu’à Dieu pour être à votre service.
Pour ressembler au Christ ensuite. En effet, Dieu n’a pas seulement voulu nous sauver du haut du ciel, par un geste spirituel, mais il s’est donné en personne, en chair et en os. Notre salut passe par le corps crucifié d’un homme célibataire et l’Eucharistie est communion à cette chair vierge et livrée pour tous. Notre célibat est une souffrance (quelle vie et quels choix ne comportent aucune souffrance ?) et une joie qui sont un pâle reflet du sacrifice du Golgotha.

   Pour annoncer la vie éternelle. La vie du célibataire consacré n’a pas de sens si Dieu n’existe pas. Beaucoup de gens non-croyants ou non-pratiquants sont irrités par le célibat sacerdotal car ils perçoivent, parfois inconsciemment, qu’il s’agit d’une profession de foi muette mais éloquente. Il y a davantage que la vie de ce monde, et certains dans l’Eglise ont pour mission et pour désir d’attendre, dans l’abstinence, l’union parfaite au Christ. Ainsi je comprends d’abord le célibat comme une veille de nuit, « sur tes remparts Jérusalem j’ai placé des veilleurs » Is 62, 6. Mon cœur trouvera son repos, et ne le trouvera qu’en Dieu seul.

Père Etienne Masquelier

Feuille d'Information Paroissiale de Notre Dame de Grâce de Passy
Editoriaux - archives


[Carême 2017] Quelle est la symbolique des cendres ?


Conférences de carême 2017 - Culture et Évangélisation, le Christ et la culture


Invitation au pèlerinage à Lourdes avec l'ABIIF

Jésus l'Incomparable - 3e MOOC de SINOD : annonce du Collège des Bernardins sur Vimeo.


[Carême 2017] Les conférences de carême à Notre-Dame de Paris, rencontre avec Olivier Boulnois


[Formation] - Le parcours EVEN