espaceur
Misericordieux comme le Père
19 février  - 7ème dimanche du Temps ordinaire

Faut-il brûler la poésie ?
Père Paul de Quatrebarbes

POLITIQUE OU MORALE ?

  Comme un sujet de Bac. Sauf qu’il ne s’agit plus ici de plaire pour avoir une bonne note, d’enfiler des citations, de jouer avec les mots ou les idées. Car les mots ne sont pas de pure convention, ils visent le réel et le rapport que nous entretenons avec ce réel. Et l’on ne méprise pas le réel indéfiniment. Il nous rattrape, tout comme le corps se rappelle au bon souvenir de qui vit dans sa tête seulement.

   Bref, écrire « politique ou morale », c’est proposer une fausse alternative. Car exclure la morale du champ politique ou le politique du champ de la morale, c’est supposer que la politique ne soit pas une activité humaine qui vise une réalité humaine. Or la morale n’est pas un idéalisme, elle désigne la science de l’ajustement des actes à une fin qui corresponde à ce qu’est l’homme. Sans toujours nous y appliquer, nous savons encore à peu près ce qui se fait ou ce qui ne se fait pas, non par conformisme social mais parce que sont engagées les conditions fondamentales d’une vie commune authentique.

   Dans les débats qui agitent les médias et les cœurs, comme une mauvaise tempête, dans ce « malheur collectif », la morale est instrumentalisée. On peut refaire le match à l’infini, mais nous devons percevoir au moins que la morale n’est pas ici honorée. Elle sert de prétexte. On peut dire qu’on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs, nous en sommes d’accord. On peut aussi sortir de l’idéalisme et reconnaître que l’on prend des coups et qu’il est parfois nécessaire d’en donner. Chrétiens, nous savons que le cœur de l’homme, de tout homme, est « compliqué et malade » et que ce mal atteint aussi des structures sociales.

  Résultat : grand ras le bol devant les faux-semblants, inquiétude devant la déliquescence intérieure et culturelle, découragement face à une tâche impossible. Mais, voyez-vous, ce n’est pas que « la vie, elle est difficile », c’est qu’il existe un combat d’abord spirituel et que chacun doit, parce qu’il est « gardien de son frère », trouver et choisir son mode de présence et d’action – sans se prendre pour le Messie. Pour cela il est nécessaire de se tenir devant Dieu, inlassablement.

   Vous pouvez relire « Spectateurs menés en bateau ? », n°5, et « Alors, tous pourris ? », n°9..

Père Antoine-Louis de Laigue
curé

Feuille d'Information Paroissiale de Notre Dame de Grâce de Passy
Editoriaux - archives


Invitation au pèlerinage à Lourdes avec l'ABIIF

Jésus l'Incomparable - 3e MOOC de SINOD : annonce du Collège des Bernardins sur Vimeo.


[Carême 2017] Les conférences de carême à Notre-Dame de Paris, rencontre avec Olivier Boulnois


[Formation] - Le parcours EVEN