espaceur
Misericordieux comme le Père
12 février  - 6ème dimanche du Temps ordinaire

Le temps de Dieu... la goût de Dieu
Père Laurent Chauvin

FAUT-IL BRÛLER LA POÉSIE ?

  La radicalité de la parole de Jésus dans l’évangile de ce dimanche tranche avec la quiétude sereine des vacances. « Que votre parole soit "oui", si c’est "oui", "non", si c’est "non". Ce qui est en plus vient du Mauvais ». Est-ce à dire que Jésus rejette toute parole gratuite, qui ne serait pas détermination de la liberté ? Qu’il n’y a, hors du oui et du non, aucune parole humaine qui ne soit « du Mauvais » ? Si c’était le cas, il nous faudrait allumer aux bûcher des vanités, tels de nouveaux Savonarole, le trésor de nos pléiades et de nos plus beaux poètes !

   Bien sûr, Jésus ne vise pas à une réforme de l’enseignement et du vocabulaire mais à purifier l’acte par lequel nous engageons notre liberté, la parole sur laquelle on peut compter. Déjà la Bible condamnait le faux serment et le parjure (cf. Lv 19, 12 ; Nb 30, 3 ; Dt 23, 22). Jésus dénonce les subtilités casuistiques de ceux qui se servent de Dieu et de la religion pour sacraliser leurs paroles et cacher ainsi subtilement leur mensonge. Dans nos sociétés, le serment fait au nom de Dieu tend à s’effacer en même temps que sa reconnaissance. L’opinion a bien souvent remplacé la vérité et le media, le sacré. On ne jure plus par le saint nom de Dieu mais par les multiples églises cathodiques. Et la locomotive médiatique semble toujours plus pressée de dénoncer le dernier scandale, de publier le dernier scoop, au prétexte de la plus grande liberté et du droit de connaître. Mais, comme l’avait si bien perçu Soljenitsyne, dans un discours donné à Harvard en 1978 et qui lui valut par la suite tant d’ennuis : avant le droit de savoir, il y en a un autre, bien plus fondamental et qui est malheureusement perdu aujourd’hui, le droit qu’à l’homme de ne pas savoir, de ne pas encombrer son âme créée par Dieu avec des ragots, des bavardages et des futilités.

   Le temps des vacances est un temps où nous sommes appelés à purifier notre âme de ce qui l’encombre, à ne plus se laisser distraire par les ragots du quotidien, mais à accueillir et à vivre de la simplicité d’une parole vraie. Et c’est alors que l’on pourra redécouvrir la joie et la beauté de cette parole, la seule d’où peut naître la liberté véritable et l’authentique émerveillement, la seule d’où peut naître la véritable poésie.

Père Paul de Quatrebarbes

Feuille d'Information Paroissiale de Notre Dame de Grâce de Passy
Editoriaux - archives


Invitation au pèlerinage à Lourdes avec l'ABIIF

Jésus l'Incomparable - 3e MOOC de SINOD : annonce du Collège des Bernardins sur Vimeo.


[Carême 2017] Les conférences de carême à Notre-Dame de Paris, rencontre avec Olivier Boulnois


[Formation] - Le parcours EVEN