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Misericordieux comme le Père
29 janvier  - 4ème dimanche du Temps ordinaire

La grâce d'être Chrétien
Père Antoine-Louis de Laigue

DE L’ESTHÉTIQUE DANS LE MONDE

  La beauté est toujours émouvante. Quelque chose nous échappe dans l’expérience du beau, le capter ou le posséder serait le flétrir ou l’éteindre. Mais l’émotion que nous ressentons pose la question de l’origine de la beauté et oriente assez naturellement notre regard vers le ciel. La perfection de la créature renvoie à la puissance du Créateur. Seigneur que tes œuvres sont belles ! dis-je en voyant passer une jolie femme.

   Nous sentons bien que la beauté d’un paysage ou d’un être humain n’est pas une construction humaine. Il s’agit d’une beauté reçue à accueillir comme un don. Il faut y consentir, en rendre grâce, mais aussi respecter ce don pour ce qu’il est : superbe, fragile, passager, vivant.

   Le travail des médecins et chirurgiens est très nécessaire et précieux, non seulement aux malades et aux blessés, mais encore à tous ceux qui seraient accidentellement défigurés ou spécialement marqués dès leur naissance. En revanche, la motivation des clients qui ont recours à la chirurgie esthétique n’est-elle pas idolâtrique lorsqu’il s’agit de fabriquer de la beauté ou de lutter contre le temps qui passe ?

   L’artiste humain sait faire une statue magnifique, rien de plus beau que les œuvres du Bernin ! En revanche, le domaine du vivant, du sourire, des expressions, du caractère, du lien intérieur entre l’âme et le corps, est le domaine de Dieu. En cherchant trop à atténuer les effets du temps, on gomme les personnalités et on dilue l’histoire d’un être. On fabrique des visages identiques, plastiquement lisses et sans âme parce que déconnectés de l’âme.

   Plutôt que de tomber dans un jeunisme aux effets illusoires, nous devrions aimer nos rides qui sont la trace de l’histoire, mais aussi la marque de l’amour, du rire et de la souffrance d’une vie. Le Christ ressuscité porte les marques de sa passion, il a les mains trouées et il est pourtant rayonnant de beauté. Au ciel la souffrance disparaît, mais l’amour demeure gravé en nous. Miroir, dis-moi donc qui est la plus belle : cette actrice lisse, tendue, gonflée et figée, ou bien la toute ridée, féconde et resplendissante Mère Teresa ?

Père Etienne Masquelier

Feuille d'Information Paroissiale de Notre Dame de Grâce de Passy
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