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Misericordieux comme le Père
6 novembre - 32ème dimanche du Temps ordinaire

Alors, tous pourris ?
Père Antoine Louis de Laigue, curé

DES QUESTIONS PIÈGE

   La résurrection devrait être notre espérance à tous et sembler très logique. En effet, Dieu qui nous aime ne peut laisser son ami connaitre la corruption. Il nous a créés par amour, il nous ressuscitera par amour. Il nous a tirés du néant, il nous arrachera à la tombe.

   Pourtant, lorsqu’on essaie de se représenter la vie de ressuscité, les doutes arrivent : « quand, comment, combien de temps, où, avec qui, avec quel corps ? » Les sadducéens, eux, ne croient pas à la résurrection (Mt 20, 27, évangile de ce dimanche). Ils vont donc essayer de piéger Jésus, non pas sur le « pourquoi » de la résurrection – parce que Dieu nous aime, parce qu’il est le Dieu des vivants – mais sur le « comment ». Comment cela va-t-il se passer pour une veuve aux multiples maris ?

   Cela me fait penser aux interrogatoires auxquels nous sommes parfois soumis, par exemple sur les thèmes compliqués de l’avortement ou de l’euthanasie, de l’homosexualité, de la stérilité ou du mariage et de ses échecs. Pour coincer l’homme de conviction, il faut prendre un sujet très affectif et personnel où toute affirmation apparaîtra comme un jugement porté sur des personnes concernées. Ensuite il faut éviter l’idée générale, mais prendre un cas compliqué et souvent parfaitement théorique. Ici, ce sera une femme sept fois veuve de sept frères (on pense bien que le septième frère n’épousera jamais une femme qui a enterré ses six aînés !) Là, on imagine le cas où la femme enceinte a été violée, sans argent, malade, dépressive… ailleurs ce sera un premier mariage sinistre, violent, malheureux, et une seconde union heureuse. Ou encore, on invoquera le cas d’une maladie de grande souffrance et de longue durée dans une extrême pauvreté.

   Jésus, pour répondre à ses adversaires incroyants, ne rentre pas dans les cas particuliers, mais rappelle la vérité générale en tournant nos regards vers le Père qui n’est pas le Dieu des morts et qui veut vivre et faire vivre.

   Ainsi, nous n’avons souvent aucune solution neuve ou originale à apporter. Nous devons simplement résister au cas particulier, puis rappeler à temps et à contretemps l’amour infini de Dieu pour tous les hommes. C’est dire que nous avons davantage besoin de courage que d’inventivité, de constance que de génie, d’endurance que de vitesse. Notre mission de disciple sera toujours d’orienter vers notre Dieu d’amour, plutôt que vers notre raisonnement personnel. Faisons donc nôtre cette prière de Paul : « que le Seigneur conduise vos cœurs dans l’amour de Dieu et l’endurance du Christ », (2Th 3,5, seconde lecture).

Père Etienne Masquelier

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