23 octobre - 30ème dimanche du Temps ordinaire

Redevenons missionnaires !
Père Laurent Chauvin

PLAIDOYER POUR LA VERTU

   La vertu est une notion considérée aujourd’hui avec une certaine curiosité voire parfois, une certaine suspicion, un objet de musée qui suscite notre imagination autant que notre admiration, une sorte de vieux samovar qui évoque, par sa forme même, une époque étrange et déjà révolue. Nous l’avons reléguée au domaine froid de la science et ne l’utilisons guère que par son adjectif et, le plus souvent, pour en dénoncer l’absence. C’est que notre époque s’est fait une spécialité de chasser l’hypocrisie de la vertu pour mieux cacher sa propre fascination pour le vice. Le relativisme moral est devenu la règle, le libertaire notre héros. Face à cette désespérance de l’homme, comment s’étonner que nous subissions l’assaut d’une jeunesse, plus fascinée par la mort que par la vie et qui, renversant le principe du martyre, démultiplie, par les attentats, les conséquences de sa mort plutôt que de rendre féconde une vie donnée ?

   La vertu est le propre de l’homme. Elle consiste en ce que l’homme « est » comme il convient qu’il soit, et cela au sens surnaturel comme au sens naturel. Elle est l’ultimum potentiae, la réalisation ultime du potentiel humain, comme le dit saint Thomas d’Aquin, l’aboutissement de tout ce que peut être un être humain, l’actualisation de ses inclinations les plus profondes. La vertu est toujours orientée vers le bien, le beau et le vrai. Si elle s’acquiert par l’éducation, elle est ce qui construit toute société. Il n’y a pas de société possible sans recherche du bien de tous, il n’y a pas de société possible sans recherche de la vertu.

   Rechercher la vertu c’est donc rechercher ce qui nous rend plus humain. Mais cet accomplissement moral n’est pas un moralisme. Dans l’évangile, le pharisien se targue de vertus considérables, mais il ne parle que de lui-même et Dieu lui est étranger. Le publicain lui, ne connaît que son péché. Il se rend compte qu’il ne peut se glorifier devant Dieu et lui demande la grâce. Le moralisme pharisien se coupe de la grâce, la confession vertueuse du publicain la recherche. Des deux, seul le publicain redescend chez lui justifié et non pas l’autre. En définitive, rechercher la vertu c’est rechercher la grâce. Et il n’y a rien de plus nouveau et de plus attirant que la grâce.

Père Paul de Quatrebarbes 

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