9 octobre - 28ème dimanche du Temps ordinaire

Spectateurs menés en bateau ?
Père Antoine Louis de Laigue, curé

LA LÈPRE DE MON PÉCHÉ

   Dans les eaux du Jourdain, Naaman, le général babylonien, est purifié de sa lèpre, et l’évangile de ce dimanche raconte la guérison de dix lépreux. Nous nous souvenons également que l’existence de François d’Assise bascula lors d’une rencontre inopinée avec un lépreux. Nous savons que la lèpre n’est pas une maladie anodine dans la Bible. Pourquoi donc est-elle si importante ?

   Disons d’abord qu’il n’y a pas d’identification entre le pécheur et le lépreux. D’ailleurs la maladie physique n’est jamais le signe d’un péché ou d’une culpabilité personnelle. Mais la lèpre est mise en lien avec le péché car elle est une excellente métaphore de ce dernier, un symbole très pédagogique qui manifeste extérieurement ce que le péché fait à l’intérieur.

  En effet, le péché pourrit l’être humain, mais de manière insidieuse et lente. Sur le coup, le pécheur, comme celui qui vient d’attraper la lèpre, ne se rend pas compte du mal qu’il vient de contracter. Mais ce mal produit pourtant ses effets. Il défigure, enlaidit, dépersonnalise, isole des autres et attriste. Il est enfin très contagieux. Dans le passage que nous entendons ce dimanche, il y a un paquet informe de dix lépreux qui n’ont plus de visage, plus de noms, plus d’identité. C’est le règne de la confusion. Le péché est toujours d’une épuisante banalité, seule la grâce est originale et fraîche. Jésus, lui, a le regard perçant et ne voit pas uniquement un groupe de malades. Il en reconnaît un en particulier, il sait qu’il est samaritain et qu’il rend gloire à Dieu.

  N’oublions pas que Dieu nous connaît mieux que nous-mêmes : « tu étais plus intime que l'intime de moi-même », (Saint Augustin, Confessions, III, 6, 11) et Il ne s’arrête pas à notre lèpre. Ainsi, dans la confession sur terre comme dans notre comparution au ciel, il vaut mieux se confier au jugement du Christ plutôt qu’au nôtre ou à celui de notre voisin, car le regard miséricordieux de Jésus sauve en même temps qu’il purifie. Pour le Seigneur, les pécheurs sont coupables mais surtout malades. Ainsi le Père envoya son Fils comme juge mais surtout comme médecin.

Père Etienne Masquelier 

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