Misericordieux comme le Père

2 octobre - 27ème dimanche du Temps ordinaire

Dernier cœur à cœur
Père Paul de Quatrebarbes

SPECTATEURS MENÉS EN BATEAU ?

   Par les moyens de communication aux écrans multiformes, nous sommes tous devenus les spectateurs d’une pièce de théâtre aux dimensions du monde : j’énonce ici un lieu commun, dont nous ne percevons plus la singularité ni les dangers.

   Notre voisin, Balzac, l’avait appelée La comédie humaine, et les rôles y varient aujourd’hui encore à l’infini. Fascinés, nous regardons se déployer une revue de gens imbus de leur position, une revue orchestrée par d’obscurs metteurs en scène, que l’on appelle les communicants, un combat de gladiateurs où tous les coups sont permis pourvu que l’on soit victorieux. Et nous sommes ainsi baladés de séquence en séquence, sans connaître le dessous des cartes ou l’envers du décor.

   Mais le spectacle cache mal sa vacuité. Les acteurs eux-mêmes, qui voudraient passer pour d’influents personnages, dansent à perdre souffle pour ne point se retrouver hors champ – plongés dans l’obscurité de l’anonymat. Sommés à intervalle régulier de donner leur avis, les « vrais gens » finissent par découvrir que ces gesticulations sonnent faux, que les paroles volent, devenues inconsistantes, que la machine à étourdir tourne à plein régime, manipulée par d’habiles techniciens. Des esprits forts feront valoir que c’est désormais ainsi, que cela fait partie de la réalité, une réalité augmentée. Nous la dirons plutôt saturée d’images colorées qui se chassent l’une l’autre mais entretiennent une forme de sidération.

   Comme dirait le sage, revenu de presque tout, il n’y a rien de nouveau sous le soleil. L’homme est identique à lui-même, seules changent les proportions et la perversité. Est-il raisonnable de refuser le fatalisme ? Il est en tout cas raisonnable d’estimer que l’être humain est appelé à autre chose qu’à cette « course au néant et à cet amour du mensonge ». Notre gloire à tous ne peut résider dans le renoncement à notre grandeur, dans la réduction de l’homme à un rôle de consommateur, dans la dictature du spectacle, de l’apparence et de l’image.

   La déclaration du conseil permanent de la Conférence des évêques de France, publiée en juin dernier, voudrait aider à ne pas nous laisser anesthésier : « 2017, année électorale : quelques éléments de réflexion ». Elle mérite d’être lue attentivement.

Père Antoine Louis de Laigue, curé 

« 2017, année électorale : quelques éléments de réflexion » 

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