18 septembre - 25ème dimanche du Temps ordinaire

Une figure hugolienne de la Miséricorde
Père Etienne Masquelier

Pour entrer dans l’évangile de ce dimanche

DE L’ÉVANGÉLISATION DES NANTIS…

   Le début du chapitre 16 de saint Luc, que nous abordons ce dimanche, offre une parabole sur l’usage des biens de ce monde. À ce propos, il m’a paru bon de relire les trois conseils que donnait Mgr Alfred Ancel (Supérieur Général du Prado de 1942 à 1971) pour “porter la Bonne Nouvelle aux riches”… Synthèse…1.
La première consigne est une consigne d’amour. Jamais des riches n’accueilleront Le Christ, s’ils ne se sentent d’abord foncièrement aimés, jusque dans leurs richesses et non malgré elles. Biens matériels, mais aussi biens culturels et du pouvoir social, économique ou politique…, d’après l’Évangile toutes ces richesses ne sont authentiques que dans la mesure où elles entrent dans un plan divin du service des hommes. C’est en vue du service de tous que les biens de certains acquièrent une vraie valeur. Et c’est cette valeur positive qu’il faut d’abord apercevoir chez le riche, chez le savant ou chez le puissant… non pas les inévitables déficiences, quasi-fatales, qui accompagnent toujours la fortune, la culture ou le pouvoir.

   Une deuxième consigne : c’est une consigne de dépouillement et de pauvreté évangélique. Dans l’Évangile, certes nous trouvons l’enseignement du Christ aux riches, mais surtout nous trouvons Son exemple. Et ainsi, il faut que le possesseur de biens terrestres, riche, savant ou puissant, prenne conscience, dans la lumière de Dieu, de la seule possibilité de salut qui lui est ouverte. La Tradition de l’Église ne demande absolument pas à un riche de se déposséder de ses biens, de renoncer à l’usage de sa culture, ou de démissionner de son autorité. Mais elle l’enjoint à toujours se conformer à Jésus Qui S’est toujours mis au service de Ses frères. En conséquence, s’il choisit d’être l’intendant du Christ en mettant sa fortune, sa science et son pouvoir au service de ses frères, le riche peut entrer dans la voie du salut. Une pauvreté qu’on soulage, c’est toujours un investissement pour l’éternité !

   D’où la troisième consigne : l’action avec une âme de pauvre qui aboutit à une conversion. Au nom des exigences de la charité fraternelle, un certain nombre de dépouillements effectifs s’imposent toujours. Quand l’argent, la culture ou le pouvoir deviennent concrètement des moyens au service du partage, du bien commun… bref : de la communion, alors ils ne sont plus viciés. Ils participent à une entreprise spirituelle, l’entreprise même de Jésus, Qui de riche qu’Il était S’est fait pauvre et S’est dépouillé de tout pour gagner Ses frères.

   Ainsi, tous les baptisés L’ont vu, Lui Qui Se rangeait parmi les petits. Et, ce dimanche, tous l’entendent dire aux hommes qui ont une dette envers Dieu : “Je ne vous appelle plus débiteurs mais amis !”

Père Laurent Chauvin

D’après Alfred ANCEL in Écrits spirituels, éditions de l’Atelier, coll. À pleine vie, Paris, 1994, pp.125 et suivantes

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