11 septembre - 24ème dimanche du Temps ordinaire

Les chemins de l'Espérance
Père Antoine Louis de Laigue

UNE FIGURE HUGOLIENNE DE LA MISÉRICORDE

   Victor Hugo est un chercheur de Dieu et un immense écrivain dont notre pays peut être fier. Non baptisé, Dieu est pourtant le sujet de nombre de ses poèmes. Deux jours avant sa mort, il exprime la douloureuse tension qui le travaille : « Je donne cinquante mille francs aux pauvres, je désire être porté au cimetière dans leur corbillard, je refuse l'oraison de toutes les Eglises, je demande une prière à toutes les âmes, je crois en Dieu. »

   Volontiers anticlérical à ses heures, il nous livra pourtant le magnifique portrait de Monseigneur Bienvenu, évêque de Dignes au début des Misérables. Michelet lui-même n’en décolérait pas : « Comment ! Il a fait un évêque estimable et un couvent intéressant ! » (cité par les frères Goncourt, chronique du 29 juillet 1862).

   Nous connaissons bien l’histoire : Jean Valjean, relâché du bagne après dix-neuf ans, cherche un soir l’hospitalité à Dignes où toutes les portes se ferment car la rumeur l’a déjà précédé. On indique alors à l’homme affamé le modeste logement épiscopal. Mgr Charles-François-Bienvenu Myriel l’accueille, partage son repas et apprête une chambre. Mais au matin, le visiteur a disparu avec les couverts en argent, unique luxe de cette maison. L’évêque n’est pas surpris. Mme Magloire, la servante, est seule contrariée. La réaction du prélat, lorsque les gendarmes ramènent le voleur, est restée célèbre : « Ah vous voilà ! Je suis aise de vous voir. Eh bien, mais, je vous ai donné les chandeliers aussi, qui sont en argent comme le reste. Pourquoi ne les avez-vous pas emportés avec vos couverts ? ».

   Précisons que l’évêque de Dignes n’est pas une figure de miséricorde, comme le père de l’évangile de ce dimanche, pour avoir laissé partir Valjean avec ses couverts, ni même pour lui avoir épargné de retourner au bagne. Il a, en fait, su discerner que le cœur de cet homme se laisserait fléchir par une grâce surabondante, signe et image de l’infinie miséricorde. Il mise sur la bonté foncière et cachée de Valjean :« c’est votre âme que je vous achète ; je la retire aux pensées noires et à l’esprit de perdition, et je la donne à Dieu », lui glisse-t-il en le quittant.

   Son pari, risqué, réussit car Valjean devient M. Madeleine, industriel au grand cœur, maire aimé de Montreuil-sur-mer, bienfaiteur de Fantine et père adoptif de Cosette. Hugo dessine dans son roman l’émouvante figure du forçat devenu saint et il manifeste que le salut lui arrive par l’instrument d’un apôtre de Jésus mort et ressuscité, témoin concret de la gratuité de l’amour et de la puissance du pardon.

Père Etienne Masquelier

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