4 septembre - 23ème dimanche du Temps ordinaire

Le temps du recueillement
Père Antoine Louis de laigue

LES CHEMINS DE L’ESPÉRANCE

   Chaque rentrée scolaire porte avec elle une nouveauté ; plus que l’arrivée de l’an nouveau, elle marque une étape, une étape inscrite dans la vie des enfants et des adolescents. Et les adultes suivent, car l’éducation des plus jeunes imprime son rythme à l’ensemble de la population. Ainsi, l’entrée en classe de Sixième constitue-t-elle un changement d’échelle. L’univers unifié de la classe en primaire, personnifiée par le maître ou la maîtresse, éclate entre plusieurs visages associés désormais aux matières enseignées, entre plusieurs espaces aussi.

  On oublie le chamboulement provoqué par ce passage dans l’esprit de petits qui ne sont plus tout à fait des petits mais qui ne sont pas encore des grands. Les adultes oublient souvent, dans leur impatience de voir grandir leurs enfants, la lenteur de la maturation d’un petit d’homme. Cette maturation ne s’identifie pas avec l’accroissement des savoirs car elle met en mouvement les sphères les plus profondes des enfants. Pour bien parler du métier d’éducateur, le recours aux images tirées du travail de la terre permet une perception plus ajustée de cette alchimie entre ce qui est donné et ce qui est progressivement voulu et obtenu.

  Les enfants de Sixième ce matin, le visage tourné, attentif, vers les adultes qui s’adressaient à eux, étaient sans le savoir une image de l’espérance. Et je ne doute pas que derrière les fronts encore lisses des auditeurs débarquant en terre inconnue, d’autres pensées prenaient forme, entre confiance et inquiétude, désir de bien faire et crainte de faillir, perception de l’inconnu et appel à s’élancer sans regarder en arrière – même si, derrière eux, la présence de leurs parents assurait leur propre présence à ce qui les ferait grandir.

   Bref ! Si nous pouvions, tous, recevoir et prendre le temps qui s’ouvre ainsi à la manière des enfants, ce pourrait être un élixir de jouvence. Nous ne jouerons pas aux enfants, bien sûr, nous n’en sommes plus. Nous reprendrons simplement conscience que nous sommes en croissance, nous aussi, que nous n’avons pas achevé notre course, et que l’instabilité des temps marque notre condition commune – incertaine, fragile, mais aussi belle et toujours porteuse d’une promesse de joie.

Père Antoine Louis de Laigue, curé

Feuille d'Information Paroissiale de Notre Dame de Grâce de Passy
Editoriaux - archives




Diner paroissial du 26 juin 2016
fleche Consultez l'album-photos du diner paroissial du 26 juin


Ordinations sacerdotales à Paris le 25 juin 2016