15 janvier 2017 - 2ème dimanche du Temps ordinaire

LA TAPISSERIE DU BON DIEU

   Nous sommes entrés, depuis le lendemain de la fête du Baptême du Christ, dans le temps ordinaire. Le mot « ordinaire » charrie un imaginaire plutôt négatif en langue française. Ce qui est ordinaire apparaît comme ce qui est commun, sans originalité, ni intérêt singulier. Or, le tempus per annum – le temps ordinaire – n’est pas seulement le temps qui se distingue des temps propres, mais il est, à un titre particulier, le temps que Dieu utilise pour nous faire croître vers Lui. Le temps ordinaire est le temps de la croissance. C’est ce que signifie le retour, dans la liturgie, à la couleur verte.

   Jusqu’à samedi dernier, la cathédrale Notre-Dame nous offrait, par l’exposition d’un de ses trésors méconnus, une belle parabole de ce qu’est le temps ordinaire. Pendant deux semaines, un tapis grandiose était déployé dans la nef de la cathédrale. D’une longueur de près de 25 m pour une surface totale de 200m2, ce tapis fut tissé de 1825 à 1833, successivement par la manufacture de la Savonnerie puis par la manufacture des Gobelins. Tapis magnifique par ses décorations et par l’ouvrage qu’il représente, il était, depuis lors, déroulé à toutes les grandes célébrations. Ce tapis est devenu ainsi un témoin privilégié des grandes heures de notre diocèse et de notre histoire nationale.

   Le temps ordinaire est à l’image de ce tapis grandiose. C’est le temps que Dieu utilise pour tisser patiemment ses nœuds, à chaque centimètre. Souvent nous ne saisissons pas bien le sens des évènements de notre vie. Il faut du temps et de la patience pour qu’apparaissent, après le travail minutieux du tissage sur le métier de haute-lisse, l’arabesque ou la feuille d’acanthe que l’artiste a façonnée. Contrairement au mythe de Pénélope, cette tapisserie divine n’a pas vocation à être défaite chaque soir au prétexte de l’amour. Et c’est même tout le contraire. Car c’est au nom de l’amour que, tous, nous serons amenés à contempler l’œuvre de l’Artisan en nous et à nous en réjouir. Le temps ordinaire n’est donc pas le temps de la torpeur, c’est le temps de la croissance et du travail. Ainsi, en nous mettant à sa disposition, œuvrons à être, pour nous mêmes et pour les autres, les fils précieux qui, noués ensemble, forment la tapisserie du Bon Dieu.

Père Paul de Quatrebarbes

Feuille d'Information Paroissiale de Notre Dame de Grâce de Passy
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